AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Extraits d'histoires d'Elisabeth Belaqua

 :: RP - Arc 1 :: MonoWatch :: Archives Monopedia Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur http://danganronparpg.forumactif.com
Directrice
Messages : 517
Date d'inscription : 30/09/2016
HRP : A toi de jouer Yua ! Razz
Ven 6 Jan - 16:58
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
SHSL Nouvelliste
Messages : 151
Date d'inscription : 27/10/2016
Extrait du départ de Élanor

La guerre faisait rage depuis déjà longtemps sur les terres des Elfes entre la race du jour et celle de la nuit. La mort se promenait lentement sur les Terres se répandant rapidement dans les deux camps. Il ne restait que de rares endroits où les conflits étaient inconnus. Mais dans un de ces lieux de paix, connu d'aucuns, subsistait cette crainte des soldats du jour. L'Oracle.
Oracle de Undume aiqua, Abysse abrupte, la déesse primaire de la nature. Elle était blonde, avec de longs cheveux, fins et droits. On aurait dit des fins fils d'or clairs. Elle était fine. Non pas qu'elle faisait attention à sa ligne, mais l'exercice la lui taillait tel quelle. Elle connaissait ce qu'elle appelle sa forêt sur le bout des ongles et nuls ne pouvait rivaliser avec ses connaissances des plantes.
Une Elfe bien douce me direz-vous, avec un caractère aimable et une attitude serviable. Pouvez-vous vraiment dire la connaître alors que vous ne savez rien d'elle ? Cette jeune Oracle, au long cheveu clair, à la taille galbée et au don médicinal est une guerrière dans l'âme et la garnison chargée de ce secteur le sait pertinemment depuis qu'elle leur a fait comprendre de façon assez explicite qu'elle n'appréciait guère le port des armes dans sa forêt.
La garnison se reposait donc sachant que seul une fou oserait s'attaquer à ce village et qu'il n'y avait aucun intérêt stratégique à cela. D'où leur surprise de voir un guerrier Elfe noir foncer comme la flèche plantée dans sa poitrine dans la forêt. Le sang si noir de cette espèce se répandait sur le sol forestier telles les pierres du petit Poucet. Un chemin facile à suivre.
Cependant, les soldats ne savaient pas s'il fallait y aller ou attendre que l'Oracle le mette dehors. Ils décidèrent de ne pas rentrer dans la forêt, au risque de se faire tirer les oreilles, qui au vu de leur race sont déjà grandes. Mais leur espérance ne fut pas comblée. Aucune trace de l'Elfe Noir ou de l'Oracle. Celui-ci s'était effondré dans la forêt. Celle-ci l'avait recueilli.
Elle enlève son plastron puis grimace devant la blessure. Le teint de son patient est livide, inquiétant pour un Elfe noir. Elle observe le travail qui l'attend et soupire d'avance. Puis elle se met au travail. Après une journée entière de labeur, les premiers soins ont été prodigués. Mais la survie de l'Elfe est toujours remise en question vue la gravité de son état.
Jour après jour, elle s'occupe de lui, il est son seul travail et lui prend tout son temps. Lorsqu'elle ne peut plus rien faire ou doit attendre l'effet d’une quelconque potion, elle essaye d'apprendre quelques bribes rudimentaires du langage des Elfes noirs. Il faudra bien expliquer à ce guerrier qu'il n'est pas en territoire ennemi chez elle et la rééducation ne pourra pas se faire sans sa coopération.
Elle ne peut pas s'empêcher d'être excitée, son premier patient Elfe noir. Elle veut que tout se passe bien, mais elle sait que cela ne dépend pas d'elle. Les Elfes noirs avaient de sacrer caractères et elle le savait, de vrais cochons, ils avaient mauvais caractère. Elle était la seule Elfe blanche du bas peuple à ne pas, ni les craindre, ni les haïr et pourtant, elle ne les admirait pas non plus. Son style de combat ressemblait à celui de « l'autre race ». Aucun Elfe blanc ne l'avait jamais vaincue. Ils étaient tous surpris durant le combat par son style pour le moins ... « Chaotique ». Mais ceci est une frasque du passé oublié dans les méandres de la guerre. Revenons-en à notre infortuné patient.
Lorsque son état se fut amélioré, elle se permit de sortir pour chercher des plantes et rappeler au garde que son territoire n'était pas le leur. Deux semaines passèrent et le calme revint. L'Oracle reprit son travail d'oracle et l'Elfe noir reprenait des couleurs, son sommeil n'était plus hachuré et son visage paraissait calme. Elle le savait proche de retrouver conscience. Ses armes étaient trop près de lui pour elle, elle les accrocha en évidence sur le mur d'en face pour lui éviter certaines pensées quand il se réveillerait, mais assez loin pour être sûre de ne pas être tuée au premier réflexe de cet Elfe.
Une bonne cueillette encore ce jour-là, elle rentre chez elle très calme, joyeuse et chantante… Jusqu'à remarquer l'absence des armes sur le mur. Elle arrête de chantonner, l'instant d'après, la lame de l'Elfe noir qu'elle avait tant observée se trouvait sous sa gorge. Elle pensa automatiquement à lui faire une prise, mais se reprit. L'Elfe était blessé et ça n'aiderait pas à améliorer ses relations avec lui, de plus, une attaque gâcherait tout son travail.
Elle reste donc droite, en souriant, elle se retourne très calmement. Il la regarde de haut en bas, il sait qu'elle peut être dangereuse. Elle pointe son doigt très lentement sur son torse. Il a gardé ses bandages. Elle utilise le rudiment qu'elle a appris et prononce tant bien que mal « ami ? ». L'Elfe noir paraît surpris, elle ne sait pas si c'est une bonne chose ou non.
Il baisse son arme.
Bonne chose.
Elle bouge lentement sa main vers son torse pour se désigner et reprend son inspiration et… Ne dis rien, le mot « soigneur » n'existe pas en Elfe noir. Elle doit improviser pour qu'il sache. Elle lui désigne ses blessures et le regarde dans les yeux. L'Elfe noir regarde ses blessures, la regarde à nouveau, il comprend et rengaine son arme, puis commence à parler dans sa langue un jargon qu'elle n'arrive pas à suivre. Elle fait signe avec ses mains de ralentir et sourit gênée. Elle a du mal à se concentrer, les yeux de cet Elfe la fascinent, pour une raison qu'elle ignore d'ailleurs.
Elle veut lui demander quelque chose et lui montre gentiment le lit en essayant de le dire dans la langue de cet Elfe. Qui pour toute réaction éclate de rire. Elle s'empourpre de gêne et de honte. Elle ne sait pas ce qu'elle a dit. L'Elfe se tient les blessures en ne riant plus. L'Oracle réagit plus rapidement que l'Elfe ne l'aurait cru et avec plus de douceur qu'elle ne pouvait montrer d'ordinaire. Elle emmène l'Elfe noir jusqu'au lit le pousse doucement. Il s’allonge docilement, toujours avec sa lame à la main, sans sourire.
Elle enlève les précédents bandages et grimace, il n'aurait pas dû bouger avant d'être complètement guéri. Elle repart à la table de travail en faisant attention de rester dans le champ de vision de l'Elfe. Elle revient avec un bol en bois avec une patte blanc cassé, s'assoie à ses côtés et, très concentrée, sans sourire, lui applique la pâte sur la blessure puis va chercher des bandages, regarde l'état de la pâte, bande à nouveau sa blessure avec des bandages propres.
L'Elfe semble près à la tuer, mais une lueur de curiosité dans son regard pousse l'Oracle à penser qu'il ne le fera pas. Elle oublie de parler la langue de cet homme et lui dit simplement qu'elle va chercher de la nourriture. Il la regarde en fronçant les sourcils. Elle comprend, mais ne sait pas comment le dire en Elfe noir, de peur de se tromper à nouveau, elle mime le fait de manger. L'Elfe semble se calmer. Elle sourit à nouveau.
Elle lui apporte ensuite un nouveau bol en bois avec de la soupe. Il fait sincèrement la grimace. Elle en rit et connaissant la fierté des Elfes noirs, lui tend le bol. Il se relève en grimaçant et prend le bol. Il renifle ce qu'il y a dedans et grimace. L'Oracle prend une cuillère et en boit un peu puis fait le tracé de la blessure sur son propre corps. L'Elfe noir comprend et prend la cuillère.
Il commence à essayer de boire, mais la douleur le rattrape et il lâche le bol. Grâce aux réflexes de l'Oracle, rien n'est renversé. Il semble vexé, mais qu'importe, il devait manger pour survivre. Elle reprend la cuillère et lui donne le béquet. Il fait la moue, mais l'Oracle sait se rendre persuasive. Elle ne peut se retenir de pousser un cri de joie lorsqu'il accepte enfin de manger. L'Elfe semble pincé. Elle lui sourit.
Elle se montre de la main et prononce « Élanor » en appuyant chaque syllabe, puis elle le montre de cette même main en ouvrant la bouche sans qu'aucun nom de sorte. Il ne répond pas au début. Elle est triste. Elle pensait que ça se passerait mieux. Elle continue de lui donner à manger. Lorsque le bol est fini, elle se relève et entend « Drällmin ». Elle se retourne surprise et heureuse. Elle reprend confiance.
Les jours passent. La confiance se crée entre l'Elfe et l'Oracle. Elle s'amuse à lui apprendre sa langue et lui se réjouit de lui dire, pour chaque mot qu'elle prononce, le terme correspondant de sa langue. Elle comprend qu'au lieu de « lit », elle avait dit « amour » … Mais pas au sens des sentiments. Son dictionnaire n'était pas encore tout à fait au point, mais elle peut désormais tenir une discussion avec un Elfe noir. Drällmin est désormais capable lui aussi de comprendre le langage des Elfes blancs. Il est presque entièrement guéri et la tristesse gagne petit à petit l'esprit d'Élanor. Il devra bientôt repartir et elle le sait.
La patrouille en a plus qu'assez d'attendre le bon plaisir d'une Elfe, elle pénètre la forêt et vient taper à la porte de l'Oracle tant crainte. Mais ils ont leurs armes, ils se sentent plus en confiance. Élanor demande à l'Elfe noir de se cacher et de ne sortir de sa cachette sous aucun prétexte. Drällmin fait un signe d'accord sans en penser le geste. Il interviendra si elle est trop en danger. Il lui doit la vie. Il le sait.
Il se cache donc dans l'une des étagères de l'Oracle, derrière le rideau. L'Oracle ouvre la porte et est surprise par l'attaque de la patrouille. Cette dernière n'avait pas idée de l’erreur faite à l'instant. En une demi-seconde, Élanor fait basculer son premier assaillant, saisit son épée et la brandit contre l'Elfe qui venait d'entrer chez elle.
Elle les fait tous sortir et leur fait comprendre avec le bout de sa lame et quelques sorts qu'ils feraient mieux de ne plus espérer rentrer dans cette forêt tant que sa colère ne se serait pas calmée. Elle rit d'ailleurs lorsqu'en rentrant, elle trouve son récent ami applaudir ses faits d'armes.  Drällmin sortait de derrière le rideau quand elle les faisaient sortir. Des Elfes qui ont peur de cette Elfe. Dix contre une. Il ne pouvait s'empêcher de rire silencieusement en se demandant si c'était ces mêmes Elfes qui l'avaient blessé. Puis se dit que dans toutes les races, il y avait des plus forts et des moins doués. Cependant, lorsqu'il vit les sorts de sa récente amie, il comprit bien mieux la crainte de cette patrouille. Et se dit que là, il retrouvait la puissance qui l'avait vaincu chez les Elfes blancs.
Il repense à son pays, à son clan. Il se dit qu'il est bientôt temps de rentrer. Il voit l'Oracle se retourner, faisant voler ses cheveux clairs. Il pense à l'emmener, chez lui. Qu'importe les dires des siens, il saurait la faire respecter, même si cela impliquait plus la force que la raison. Elle avance vers la porte en grognant que cette patrouille a l'audace de la menacer dans sa forêt et qu'elle les fera pendre s'ils recommencent. Il pense alors qu'il est impossible de l'emmener sans sa forêt, il n'avait pas les moyens d'emmener la forêt. Il décide de la laisser où elle est et, pour la féliciter, applaudit ses actes de manière nonchalante, un sourire aux lèvres. Il l'entend rire. Il est amoureux.
Le lendemain arriva. Il devait partir. Il lui avoua son amour ce jour-là. Mais il ne voulait pas prononcer ces mots. Il exprima tout avec des gestes. Les seuls mots qu'il prononça furent « je reviendrais. Attends-moi. ». Elle était amoureuse depuis longtemps. Elle acquiesça.
Elle fit payer une dizaine de fois à la patrouille son audace d'une nuit. Celle-ci s'en repenti cent fois. Le compte n'y est pas dites vous ? N'oubliez pas qu'elle est le seul soigneur à des kilomètres à la ronde. Elle leur sauva plus de vies qu'elle ne fit payer l'audace, et ce, toujours honnêtement.
Les semaines passent… Elle se demande pourquoi elle est le seul soigneur victime d'une gastro. Les mois passent… Elle se trouve de plus en plus lourde et grosse. Elle finit enfin par comprendre le jour où elle reçoit un coup dans le dos, après s'être dit qu'elle faisait pourtant régime. Elle passe dès lors quelques minutes chaque soir à regarder son ventre. Elle se dit en colère et soucieuse que Drällmin aura intérêt à respecter ce qu'il a dit… Et se dit en riant avec bonheur, qu'en même temps, il aura une sacrée surprise.
Elle se met à réfléchir avec bonheur au nom de cet enfant, à son sexe, à son visage, son caractère. Elle se prend même à prier sa déesse que l'enfant qu'elle porte ait les yeux de celui qu'elle aime. Puis se ressaisit en pensant qu'elle aurait d'abord dû lui demander si elle acceptait sa relation avec un Elfe noir…
Une fois la question posée, une réponse positive lui arriva. « Pourquoi devrais-je être contre cette relation ? Elle est tout ce qu'il y a de plus banal. Un être en aime un autre. Explique-moi. » Élanor rit alors de la non-compréhension de sa déesse sur les guerres Elfiques. Elle-même pensait que ce n'était que pure fadaise. Elle n'expliqua pas à sa déesse. Élanor savait qu'Undume aiqua en avait connaissance, qu'elle ne le lui demandait que pour lui rappeler ce en quoi elle croyait.
Les mois passent et Élanor commence à se poser des questions, l'enfant sera là dans une semaine, moins si la nature le décide autrement. La nature n'en décida pas autrement et l'enfant naquit. Mais Drällmin n'était pas là.
Les habitants du hameau que protégeait l'Oracle n'étaient pas contents, ça faisait longtemps que l'Oracle n'était venu ou n'avait soigné quiconque. Lorsque la patrouille sut qu'elle attendait un enfant, ils surent qui était le père. Ils pensèrent sincèrement tuer l'enfant et humilier l'Oracle avant de se rappeler que la seule chose pire qu'une femme mariée en colère était une mère attentionnée en colère. Ils persuadèrent les habitants de la chasser. Élanor dus prendre refuge avec sa fille, nouvellement née, dans une maison que lui avait offert le maire lorsqu'elle sauva sa femme et son fils alors nouveau-né , loin de toute ville. Elle ne dit qu'aux enfants qu'elle savait de confiance où elle logeait.
Elle admire la beauté de sa fille. Celle-ci a les yeux de son père, en amande et de couleur fauve. Elle a aussi des mèches blanches dans ses cheveux, trahissant son métissage. Elle a la peau de sa mère, pâle sans être blanche, halée sans être bronzée. Élanor trouve sa fille très belle. Et est furieuse contre Drällmin qui quant à lui, trouve des difficultés pour faire accepter à son clan d'emmener une escorte derrière les lignes de front pour ramener une Elfe blanche chez eux.
Il réussit tout de même à les convaincre. Il était le meilleur d'entre eux, le plus fort, le plus vigoureux, le plus respecté. Seul le doyen avait plus de droits que lui. Sauf quand il menace d'exterminer tout le clan lors d'une poussée de rage dû à la douleur d'être loin de celle qu'il appelle dans sa langue « son âme perdue ». Étrangement, dès lors, on accepta l'aide qu'il demandait.
Les soldats pensant que l'endroit ne pouvait être attaqué deux fois en une demi-heure prennent le temps de manger. Drällmin passe donc les lignes ennemies sans grande difficulté. Il arrive devant la porte qu'il avait passée lors de son départ. Il toque très fier et… N'entends aucun son en retour. Des enfants jouent au loin. Il va les voir. Les enfants semblent, au départ, apeurés puis regardent de plus près Drällmin et lui sourient. Ils semblent excités par ce qu'ils ont vu. Un Elfe noir de l'escorte demande avec un ricanement comment leur meneur compte leur demander où est la belle qu'il désire tant. L'escorte ne semble pas très joyeuse d'apprendre que la belle en question avait appris à leur meilleur combattant la langue de « l'autre race ».
Drällmin demande donc des informations à ces enfants dans un langage approximativement compréhensif. Mais les enfants n'ont pas besoin d'explications, ils savent pourquoi cet Elfe noir est là. Ils essayent donc de lui expliquer, en parlant lentement et en appuyant chaque syllabe ce qu'il s'est passé dans cette forêt depuis son départ.
Drällmin ne comprend pas tout et de toute façon, il semble que son cerveau a fondu au mot « Lapse », si bien appuyé que l'erreur ne pouvait exister. Un bébé. Il allait être papa. Un calcul rapide s’effectue dans sa tête. Il EST papa. Il ne voit plus, ne comprend plus ce que son cerveau enregistre. Jusqu'au moment où les enfants parlent du jour où les habitants, aidés de la patrouille, chassèrent l'Oracle.
Drällmin pense alors à brûler tout le hameau, à pendre toute la patrouille au-dessus de braises ardentes. Puis se ressaisit en se disant qu'ils ont dû payer leur affront connaissant son Elfe. Drällmin les coupe au moment où ils parlent du refuge. « Où ? ». La question est brève et bien prononcée malgré la vitesse. Les enfants le conduisent. Il arrive devant la belle maison.
Élanor entend des bruits étranges dehors. Elle sort de chez elle et se trouve en amont des marches, devant celui qu'elle n’espérait plus revoir. Elle pense alors lui faire la leçon, lui hurler dessus, l' haranguer de mille façons. Puis elle voit ses yeux. Ils ne rient pas, ils ne sont pas pensifs. Ils sont déterminés. Sans sourire, Drällmin monte les marches. Sans un regard envers celle qu'il aime, il rentre dans cette maison et s'approche du berceau. L'Oracle rentre chez elle en silence, elle le regarde. Le contraste est frappant entre les larges épaules enfermées dans une armure rendant plus imposants Drällmin et la frêle vie de sa fille. Il semble en arrêt devant l'être fragile dans le berceau. Déçu ? Abasourdi ? Heureux ? Ou simplement en admiration devant la beauté de la vie ? Lui qui ne connaissait que la mort.
Il recommence à bouger. Il tend les mains vers sa fille, la prend dans ses bras et l'emporte avec lui jusqu'au pas de la porte. Elle le suit en silence, des pensées défilent dans sa tête. S'il essaye d'emmener sa fille, elle lui reprendra… Sur son cadavre s'il le faut. Il montre à bout de bras au-dessus de sa tête, sa fille aux membres de son clan présents, toujours en silence. Les pensées d'Élanor sont visibles dans ses yeux au bleu turquoise unique.
Drällmin reprend sa fille à bras et se retourne vers « son âme perdue » et avec un regard amoureux qu'elle n’espérait plus, il s'approche d'elle. Une fois sa fille rendue aux bras de sa mère, Drällmin pose sa main sur la taille de sa bien-aimée et la pousse gentiment devant les marches en la serrant contre lui. Elle sourit avec tristesse « Comment ai-je pu avoir d'aussi noires pensées ? ». Il était fier. La Terre aurait pu arrêter de tourner que rien n'aurait changé.
L'escorte n'ose pas broncher devant l'assurance de leur meneur. Cette Elfe ne leur inspire pas confiance, elle semble frêle et menue en s'écrasant à côté de Drällmin … En un mot : faible et inutile, une gêne. Emmenée par un caprice mal placé de leur guerrier qu'ils avaient tout de même dû accepter étant le seul qu'il n'ait jamais fait. Elle est tout de même belle… Pour une Elfe blanche. Ils lui cherchent tous les défauts et n'ont pas grande difficulté à lui en trouver. Vu la situation, le seul point positif qu'ils retiennent est qu'ils pourront avoir une nouvelle guerrière quand l'enfant sera grande.
Élanor arrête enfin de se coller et de frotter sa tête tel un chat sur le torse de Drällmin en preuve d'affection. Elle regarde tour à tour chaque membre de l'escorte pour ensuite poser les yeux sur son Elfe. Elle lui sourit, heureuse. Sa fille gazouille. Drällmin tremble en silence sans savoir si c'est de la peur ou de l’excitation. Il va devoir ordonner, ou plutôt demander poliment à sa belle de venir en lui faisant comprendre en douceur que le refus n'est pas permis. Réfléchir lui donne mal à la tête. Il la prend dans ses bras et l'emmène.
De retour à l'endroit d'où elle avait été chassée, elle rentre heureuse. À nouveau, elle retrouvait ses bocaux, sa maison. Drällmin lui demande de prendre ce dont elle aura besoin où qu'elle juge utile et lui dit juste après « Tu es du voyage ». L'Oracle le savait depuis qu'elle avait remarqué l'escorte avec lui. Elle prépare ses affaires en silence, elle sait que même si elle refusait, il l'emmènerait.
Elle a préparé des chaussures de marche. Elle regarde ses armes. Elle ne veut pas paraître offensive où ils vont. Mais en même temps, là où ils vont, elle aura sans aucun doute besoin de ses armes. Elle n'emmène donc que son épée, son arbalète et quelques-unes de ses dagues, seulement les plus légères et les plus affilées, le tout caché comme elle peut dans sa tenue. L'arbalète seule est visible dans son dos.
Drällmin adore cette tenue de marche, elle moule généreusement les formes de l'Oracle. « Pouvons-nous partir, ô grand guerrier ? » Demande-t-elle dans un rire léger. Un sourire lui répond. L'escorte se met en route, sans ménager la cadence. Si elle ne tient pas, pas question de la garder, le clan a été clair la-dessus. Le meneur en début de file, il n'a pas le droit de se retourner. Il sait qu'il peut la perdre d'un instant à l'autre et dès lors, pas de chance de retour.
Aussi, l'escorte fut choquée et rassurée de voire cette Elfe de l'autre race les suivre tranquillement en souriant, l’œil fier et en ne semblant faire qu'une ballade de santé. Joyeux, ils partent de plus belle en vitesse. Elle les suit. La course est lancée jusqu'au clan. Elle semble être derrière eux jusqu'à ce que le clan soit en vue. Élanor décide de piquer droit sur le clan. Elle y arrive bien avant les Elfes noirs. L'escorte est rassurée, elle est rapide certes, mais plus encore, quand elle est passée à côté d'eux en les doublants, elle avait ce regard fier des vainqueurs… Elle voulait gagner. Elle était prête à se battre jusqu'à l'épuisement pour ça. Les Elfes noirs la regardent comme une enfant attachante lorsqu'elle saute de joie en s'extasiant « J'ai gagné ! J'ai gagné !! »
Elle n'a pas tout à fait perdu ses capacités. Bien sûr, elle est moins rapide, moins agile, moins silencieuse, elle a perdu à force de rester chez elle sans plus exécuter les ordres de cet Elfe. Mais le passé ne laisse que des souvenirs. S'attarder dessus ralentirait encore ses capacités.
Drällmin pique un sprint vers elle, elle se demande si le choc ne la fera pas soulever de terre. Défi relevé. Elle ancre sa position, prépare ses mains à la réception de ses épaules et… Défi réussi. Elle ne s'est pas envolée. Elle s'est écrasée au sol. Ils forment à eux deux un étrange mélange de couleurs. Ils rient dans leur grande insouciance. Ils ne se rendent pas compte qu'ils changeront les façons de penser et influeront l'avenir en bon objet du destin, même si la vie à naître n'était pas prévue, qu'importe, laissons leur un peu de bon temps. Bientôt, ils n'en auront plus.
Les membres restés au camp regardaient l'Elfe blanche hystérique devant eux. Ou elle est géniale ou elle est folle à lier. Pour leur bien physique, ils décidèrent de ne pas faire part de leur crainte au meneur.
Elle se relève et regarde les membres du clan. Ils devaient être une quinzaine, vingt tout au plus. Pas d'enfant et un seul vieillard, le doyen. Drällmin la prend par l'épaule, il avait le sourire jusqu'aux oreilles. Elle ne savait dire si ce sourire était un sourire bienveillant ou menaçant. Le clan s'approche d'elle. Les filles jacassent. Elles sont peu vêtues, trop peu pour Élanor. Leurs insinuations deviennent insupportables pour elle qui répond très poliment « Merci » quand l'une d'elles jacasse sur ses formes. Elles arrêtent, elle avait tout compris. Les guerriers n'apprécient guère que leur meneur ait appris à un membre de « l'autre race » leur langue.
Drällmin a du mal à sourire. Les ennuis commencent pour la faire accepter. L'escorte parle aux leur, ils expliquent ce qu'ils ont vu et compris. Les Elfes noires frissonnent de jalousie masquée en dédain quand elles entendent parler de l'enfant. Elles n'auront plus jamais le corps d'athlète du guerrier sous leurs doigts.
Élanor se décroche des bras de son aimé et fière leur dit que tant que Drällmin voudra d'elle, elle reste. Si sa fille reste, elle reste. Si on a besoin d'elle, elle reste. Tout cela dans un Elfe noir bon grammaticalement, avec les bons termes utilisés, lui permettant de bien exprimer sa pensée, mais un accent qui la trahit. Les Elfes noirs bougonnent. Le doyen veut s'entretenir avec Drällmin qui obtient après longue discussion en Elfe blanc l'acceptation de l'attente d'Élanor. Mais une fois Drällmin parti, c'est aux Elfes noirs de la tribut de tourner autour d'elle, et ce, littéralement.
Elle remarque que tous les Elfes noirs ont une forte carrure. Elle n'aime pas être encerclée. Encore moins d'Elfes puissants. Mais rien n'est montré extérieurement. Elle semble calme, déterminé, fière. Elle est dans ses souvenirs. Cela lui semble si lointain la dernière fois où une troupe dangereuse l'encerclait, elle avait quoi, 15-16 ans la dernière fois ? Elle semble regarder un à un tous les membres de la tribu, elle ne le voit pas. Dommage, sans doute une autre fois. Il suffit de regarder les yeux de ces Elfes qui l'encerclent pour deviner leurs pensées... Elles étaient trop obscènes pour Élanor qui commençait à en avoir assez de ce carrousel.
L'un d'eux s'approche de l'Oracle et essaye de lui gratter le menton, ce à quoi elle répond qu'elle ne ferait pas ça si elle était lui. L'Elfe ne semble pas comprendre jusqu'au moment où Drällmin effectue un taclage dans les règles du rugby. Il montre les dents. Élanor redresse Drällmin en lui souriant et lui fait remarquer qu'elle ne sera jamais respectée si elle ne fait pas ses preuves. Qu'elle le sait très bien.
Le doyen accepte la venue de l'Oracle pour des raisons qu'elle ignore et que Drällmin ne veut pas lui dire. Elle se révéla d'une grande aide pour cette tribu. Elle soigna la plupart d'entre eux, leur apprit tant bien que mal à monter à cheval sans préalablement manger le cheval, ce qui, il faut l'avouer, ne fut pas de tout repos. D'autant plus qu'il faut leur expliquer de ne pas les manger après le trajet et de les garder en vie dans un enclos. Elle prit un apprenti soigneur et commença à lui enseigner ce qu'elle savait.
Elle les aimait bien. Elle était des leurs désormais. Elle avait fait ses preuves et avais découvert être plus forte que toute la tribu. Le seul qui pouvait lui résister était son bien-aimé. Cette ellipse vous parait longue ? Cela s'est passé très vite, pas plus d'un an n'est passé depuis son arrivé. Elle a encore du temps devant elle.
Le taux de mortalité de la tribu était descendu en flèche. Du coup, les enfants purent survivre. Et quand, pour la énième fois, elle éloigne un concurrent de Drällmin, les enfants lui demandent où elle a appris à se battre. Drällmin, qui n'est jamais loin quand un Elfe noir s'approche de son « âme perdue », est très intéressé par la réponse. Elle sourit « Soit, je vais vous racontez ça. Asseyez-vous, ce sera long » On voit alors presque toute la tribu s'asseoir. Seul le doyen reste debout.
« Et bah, si j'avais pensé avoir un jour un auditoire » dit-elle dans un rire. « Bien notre histoire commence lorsque…. »
Ven 6 Jan - 18:38
Revenir en haut Aller en bas
avatar
Voir le profil de l'utilisateur
SHSL Nouvelliste
Messages : 151
Date d'inscription : 27/10/2016
(HRP : J'ai écrit une partie de la suite, si certains veulent le lire, qu'ils me le disent et je la rajouterais peut être)
Ven 4 Aoû - 10:57
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Hyper Danganronpa RPG :: RP - Arc 1 :: MonoWatch :: Archives Monopedia-
Sauter vers: